Le sous-titrage codé
L’enjeu :
La programmation vidéo, qu’il s’agisse de programmation télévisuelle, de cassettes vidéo ou de disques DVD, de webémissions ou d’autres technologies, n’est pas pleinement accessible aux personnes Sourdes.
La position de l’ASC:
Un sous-titrage de qualité (ouvert ou codé) ou de l’interprétation en langue des signes devrait être obligatoire pour toute la programmation télévisuelle, et cela est réalisable dès maintenant. Il n’y a plus d’excuses!
Les sous-titres sont des titres surimposés présentant sous une forme imprimée le dialogue et les effets sonores de la programmation vidéo. Ils sont presque toujours codés (n’étant pas visibles à l’écran sans l’aide d’un appareil ou d’un microprocesseur de décodage) plutôt qu’ouverts (visibles à l’écran pour tous les téléspectateurs).
La technologie nécessaire pour offrir un sous-titrage efficient et économique de toute la programmation existe maintenant et il est discriminatoire et contraire aux lois sur l’égalité de ne pas le faire.
Les prétendus obstacles financiers à l’entier sous-titrage ne sont que des “tigres de papier”. Le coût du sous-titrage n’est qu’une minuscule portion de l’ensemble des coûts de production. Traiter le coût du sous-titrage comme un “caprice” ne devant être entrepris que s’il reste de l’argent après la production est irresponsable et inapproprié.
L’Association des Sourds du Canada maintient depuis longtemps que la télédiffusion sous-titrée n’est pas qu’une “question concernant les Sourds”. L’auditoire potentiel des sous-titres ne se limite pas aux 310,000 personnes Sourdes de ce pays. Il existe 2.8 millions de Canadiens malentendants qui peuvent également bénéficier du sous-titrage. Il a été prouvé que le sous-titrage améliore la lecture et l’écriture de personnes ayant un bas niveau de compétence en alphabétisation: 6.5 millions de Canadiens sont fonctionnellement analphabètes. Les enfants apprennent leur langue en y étant exposés grâce au sous-titrage. Les immigrants ne connaissant ni l’anglais ni le français peuvent utiliser le sous-titrage pour s’aider dans l’apprentissage de l’une ou l’autre de ces langues. Toute personne connaissant l’une des langues officielles du Canada et désireuse d’apprendre ou d’améliorer sa connaissance de l’autre langue peut utiliser le sous-titrage à cette fin.
Par conséquent, un estimé conservateur indique que plus de 10 millions de Canadiens — soit plus du tiers de la population totale — peut bénéficier d’une sous-titrée.
L’Association des Sourds du Canada considère qu’il est inacceptable qu’après plus de 25 ans de sous-titrage au Canada, les télédiffuseurs de ce pays n’aient pas encore atteint l’objectif d’une programmation entièrement sous-titrée, et que les agences réglementaires et les gouvernements aient persisté dans la tolérance de leur échec.
Le même principe s’applique aux cassettes vidéo et aux disques DVD — il n’y au aucune justification pour l’échec à sous-titrer toutes les cassettes vidéo et disques DVD. Plusieurs disques DVD offrent des sous-titres en anglais et/ou en français; bien qu’ils soient très utiles et habituellement très supérieurs au sous-titrage codé en termes de qualité, ils ne sont pas être substitués à un bon sous-titrage codé car les sous-titres provenant des disques DVD ne rendent accessibles que les dialogues. Au contraire, le sous-titrage codé fournit aux téléspectateurs une version plus complète de la bande sonore car ils incluent les effets sonores, les bruits hors-champ, les indices musicaux et ainsi de suite. Il est aussi particulièrement exaspérant de constater que le film ou l’épisode télévisuel a été sous-titré dans la version sur disque DVD, mais pas le matériel supplémentaire tel que les commentaires, les gaffes de tournage, les chutes, les documentaires du tournage, etc. Il peut arriver que, sur les six heures de matériel du disque DVD, seules les 90 minutes du film lui-même sont sous-titrées.
La qualité du sous-titrage demeure une préoccupation. L’utilisation du sous-titrage en temps réel a provoqué une augmentation du sous-titrage de mauvaise qualité. Dans une tentative de régler ce problème, l’Association des Sourds du Canada a participé à des réunions avec l’Association canadienne des télédiffuseurs dans le but de développer des normes nationales pour le sous-titrage. Notre position est que les sous-titres doivent représenter le mot-à-mot du dialogue parlé, plutôt que des résumés ou une version éditée du dialogue. Les sous-titreurs n’ont pas le droit de changer les mots parlés pour rendre leur travail plus facile; c’est à la fois une forme de discrimination et de censure.
Le développement du sous-titrage de langue française a toujours tiré de l’arrière par rapport à celui du sous-titrage de langue anglaise, en raison des prétendues difficultés dans le traitement des accents. La technologie du sous-titrage expert en français a maintenant rejoint celle du sous-titrage en anglais; encore une fois, il n’y a plus d’excuse pour ne pas fournir le sous-titrage en français de toute la programmation des canaux de langue française.
Si les canaux continuent à présenter une programmation non sous-titrée il devrait y avoir un rabais ou une réduction des frais pour les consommateurs de sous-titres. Il n’est pas juste de nous charger les mêmes frais que ceux payés par les consommateurs non-Sourds si nous obtenons une programmation dont l’accessibilité nous est limitée de manière significative.
Approuvé: 26 mai 2007
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