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Suicide médicalement assisté/Aide médicale à la mort

L’enjeu :

Une forme d’euthanasie appelée aide médicale à la mort est utilisée de plus en plus pour mettre fin à la vie de personnes handicapées.

La position de l’ASC :

L’ASC est préoccupée par la menace que représente cette forme d’euthanasie pour des personnes handicapées, y compris les personnes Sourdes . Le SMA-AMA est souvent appliqué sans assurer des communications claires et pertinentes avec le patient, ce qui présente une menace pour les personnes Sourdes.

Le suicide médicalement assisté (SMA), appelé aussi aide médicale à la mort (AMA), est une forme d’euthanasie qui est de plus en plus acceptée dans le monde depuis quelques années. En termes clairs, cela signifie qu’une personne qui souffre d’une maladie terminale est « assistée » par un médecin pour mettre fin à sa vie, plutôt que de mourir « naturellement ».

Le cas le plus célèbre de SMA-AMA au Canada est celui de Sue Rodriguez. Elle souffrait de la maladie de Lou Gehrig (SLA) et désirait mourir plutôt que de continuer à souffrir. Mais la maladie ayant causé la paralysie, il lui était impossible de se tuer elle-même. Elle a porté sa cause devant les tribunaux afin qu’un médecin soit autorisé à lui administrer l’injection fatale. Elle a perdu sa cause, mais ses amis lui ont quand même administré l’injection fatale.

L’Association des Sourds du Canada reconnaît que de nombreuses personnes en phase terminale de maladies comme le cancer subissent d’énormes souffrances et préfèrent y mettre fin par le SMA-AMA. Nous respectons leur décision du moment qu’ils sont lucides et en mesure d’exprimer clairement et à répétition, devant des témoins neutres, qu’ils désirent mourir.

Néanmoins, nous considérons que le SMA-AMA représente une menace pour les personnes handicapées. Nous nous souvenons que Robert Latimer a décidé que sa petite fille Tracy souffrait tant de ses handicaps qu’il s’estimait justifié de l’assassiner. Au dire de tous, Tracy était une enfant qui avait la joie de vivre. Ses handicaps l’empêchaient de dire si elle voulait mourir. Le pouvoir de décider lui a été enlevé, tout comme sa vie.

Aux États-Unis, le Dr Jack Kevorkian a inventé une « machine à suicide » qu’il a utilisée pour aider de nombreuses personnes à se suicider. Plus de 90 pour cent de ses victimes étaient des personnes handicapées, pas des gens en phase terminale. Il n'aidait pas des malades à mourir dignement, il assassinait des personnes handicapées. Pourtant, de nombreuses personnes physiquement valides le considèrent comme un héros.

Le SMA-AMA représente le début de l’euthanasie des personnes handicapées approuvée par l’État. En Hollande, dès la première année où le SMA-AMA a été légalisé, les médecins assassinaient légalement des bébés handicapés. De plus, au moins 80 pour cent des adultes tués par le SMA-AMA étaient handicapés plutôt que souffrants d’une maladie terminale.

Cela représente une menace directe pour les personnes Sourdes. La décision de tuer des personnes handicapées est souvent prise par d’autres personnes parce que le handicap comprend des obstacles à la communication. Tracy Latimer est un parfait exemple : elle ne pouvait ni parler, ni écrire ; elle était donc incapable de dire qu’elle ne voulait pas mourir. L’implication pour les personnes Sourdes qui ne peuvent pas entendre, qui parfois ne peuvent pas parler de manière intelligible, et qui parfois ne peuvent pas écrire clairement en anglais ou en français, est tout à fait évidente.

Les personnes Sourdes, devenues sourdes ou malentendantes sont confrontées à des obstacles de communication qui peuvent facilement mener des médecins trop enthousiastes à croire qu’elles consentent au SMA-AMA si elles sont très malades et qu’il n'y a pas d’interprètes ou de spécialistes en surdité et en perte de l’ouïe pour les aider à exprimer leurs souhaits. Il faut aussi se rendre compte que dans de nombreux pays, la surdité est considérée si terrible que de tuer une personne sourde serait vu comme un geste de miséricorde.

L’ASC considère que les centres de soins palliatifs représentent une meilleure option pour les personnes en phase terminale. Ces institutions procurent aux malades des soins professionnels, un milieu confortable, la camaraderie des amis et des aides, et tous les services nécessaires à soutenir leur transition à une mort naturelle. Il y a des professionnels formés au soutien de toutes sortes de handicaps, y compris des professionnels de la santé qui sont Sourds et qui parlent la langue des signes. Il y a aussi des alarmes visuelles et des technologies de communication, et ainsi de suite.

En résumé, la position de l’ASC est la suivante :

  1. Nous favorisons, dans tous les cas, le choix d’un centre de soins palliatifs au lieu du SAM-AMA, car les soins palliatifs visent le soulagement de la souffrance et l’amélioration de la qualité de la vie et de la mort. Il faut que les personnes en phase terminale et leur famille sachent qu’il est possible de mourir dans un milieu paisible et confortable où se trouvent des professionnels de la santé pour les aider à gérer leur douleur jusqu’à ce qu’ils meurent naturellement. Les centres de soins palliatifs cherchent à aider les malades et leur famille à faire face aux enjeux physiques, psychologiques, sociaux, spirituels, culturels et pratiques. Ils les aident à se préparer au processus de clôture autodéterminée et de mort et de le gérer, de même qu’à vivre le deuil pendant la maladie et après la mort.
  2. Nous reconnaissons que certaines personnes souffrent tellement de leur maladie en phase terminale (non pas uniquement de leur handicap), qu’elles ne veulent pas prolonger leur vie. Nous ne nous opposons pas au SMA-AMA dans de tels cas à la condition que le ou la malade ait volontairement exprimé son désir de mourir et qu’il ou elle n'a pas simplement « consenti » à la supposition d’une autre personne de son désir de mourir.
  3. Nous nous opposons au SMA-AMA dans le cas d’une personne qui est Sourde, devenue sourde ou malentendante, même si cette personne a exprimé son désir de mourir, jusqu'à ce que deux ou plus professionnels de la santé Sourds, devenus sourds ou malentendants aient confirmé que la personne a communiqué clairement et a bien compris les communications des autres personnes au sujet du processus de la mort.

Approuvé le 26 mai 2007

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L’Association des Sourds du Canada
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