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LE RECENSEMENT CANADIEN

 

La question:

Le recensement canadien, fait tous les cinq ans, ne respecte pas les besoins et la vie des Sourds canadiens.

 

La position de l’ASC:

Des changements devraient être apportés au recensement pour qu’il mesure avec plus de précision les statistiques et la vie des personnes Sourdes.


Le recensement de 1986 et son recensement complémentaire ESLA (Enquête sur la santé et les limitations aux activités, connu sous le nom de “recensement des handicaps”) souleva plusieurs préoccupations concernant l’exactitude des statistiques qui en résultèrent concernant les personnes Sourdes. Certaines de ces préoccupations furent adressées dans le recensement et l’enquête ESLA de 1991. Cependant, plusieurs questions demeurèrent sans réponse et continuèrent de troubler les recensements de 1996 et 2001.

C’est là une préoccupation importante, car les statistiques résultant du recensement et de l’enquête ESLA sont utilisés par les gouvernements et les chercheurs pour les aider à établir des politiques concernant, entre autres choses, la sécurité sociale, l’impôt sur le revenu, l’éducation et les soins médicaux.

Le recensement et l’enquête ESLA ne sont pas conçus en ayant les personnes Sourdes à l’esprit. L’usage de questions écrites disposées tels des examens scolaires est intimidant et source de confusion pour les personnes Sourdes dont la langue première est visuelle et gestuelle. Le recensement est disponible en anglais ou en français, mais pas en langue des signes et pas en format vidéocassette, deux méthodes qui le rendraient accessible et confortable pour les personnes Sourdes.

Les questions concernant la langue d’usage ne mentionnent pas la langue des signes. L’ASC applaudit le fait que les signes sont inclus dans la banque de données du recensement, grâce

à nos efforts promotionnels; mais nous déplorons le fait que cela ne soit pas mentionné sur le formulaire de recensement lui-même, ce qui laisse faussement croire aux personnes Sourdes qu’elles ne peuvent pas identifier leur langue sur le recensement.

La terminologie utilisée pour les questions concernant la langue manque de considération. Les expressions “langue maternelle” et “langue parlée” sont utilisées plusieurs fois, ce qui implique que seule une langue parlée/entendue est légitime. L’ASC recommande que ces termes soient remplacés par “langue native”, “langue naturelle”, “langue utilisée”, “première langue” et/ou “langue préférée”.

Les définitions utilisées dans le recensement général pour identifier les individus ayant un handicap sont trop restrictives, imprécises et sont une source de confusion. Elles devraient être rendues similaires à celles de l’ESLA, qui sont généralement assez bonnes en ce qui concerne la surdité. Notre préoccupation est que les questions du recensement conçues pour déterminer l’éligibilité à être considéré comme une personne handicapée ont tendance à éliminer les personnes Sourdes, qui donc ne parviennent jamais à participer au recensement ESLA. Par exemple, une personne Sourde maîtrisant la langue des signes n’aurait pas de difficulté à communiquer avec une autre personne Sourde et l’indiquerait dans le recensement général, se plaçant ainsi dans la catégorie des “entendants” et détruisant ses chances de participer à l’ESLA!

Les questions conçues pour chiffrer le nombre de dispositifs techniques en usage au Canada, tels que les ATS et les décodeurs de sous-titres, ne s’adressent qu’aux personnes Sourdes. Cela donne lieu à des rapports imprécis. Une famille dont les parents entendants ont acheté des dispositifs pour leurs enfants Sourds pourrait ne pas être incluse dans l’enquête. Les amis des Sourds, tels que les interprètes, pourraient avoir de tels dispositifs dans leur domicile pour accommoder les besoins de leurs amis mais, encore une fois, ces personnes non-Sourdes ne seraient pas incluses dans l’enquête. Par conséquent, les questions concernant les dispositifs devraient être incluses dans le recensement général, plutôt que dans l’ESLA.

Les questions du recensement concernant l’éducation ne permettent pas des réponses reflétant la réalité éducationnelle des personnes Sourdes. Elles n’incluent pas les écoles pour les Sourds et ne distinguent pas entre les écoles pour les Sourds et les classes d’intégration dans les écoles régulières.

Le recensement ESLA inclut de bonnes questions concernant l’éducation et l’emploi; cependant, une fois encore, nous attirons l’attention sur le fait que la plupart des Sourds canadiens ne seront jamais inclus dans un recensement ESLA — ils en seront éliminés par les questions du recensement général identifiant leur éligibilité à être considérées comme des personnes handicapées. Donc, l’ESLA ne produira pas un portrait exact du statut éducationnel et d’emploi des Sourds canadiens.

Pour conclure, l’Association des Sourds du Canada encourage l’apport d’améliorations supplémentaires aux futurs recensements et enquêtes ESLA canadien(ne)s, dans l’espoir que des statistiques précises concernant les Sourds canadiens puissent finalement être recueillies.

Approuvé le 17 juillet 2002

POUR PLUS D’INFORMATION, CONTACTEZ:

L’Association des Sourds du Canada
203 - 251 rue Bank
K2P 1X3
(613)565-8882 ATS
(613)565-2882 Voix
(613)565-1207 Fax
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